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Ce choix ne relève pas non plus d'un quelconque embarras devant l'actuelle scène genevoise des arts plastiques, au sens courant de cette curieuse notion. Mais sans doute étions-nous insatisfaits de son usage restrictif. Nos regards se sont spontanément tournés vers d'autres pratiques, de l'histoire de l'art au cinéma d'animation, en passant par l'architecture, et le nom de Jean-Jacques Oberson s'est bientôt imposé à nous, comme celui d'une figure à maints titres exemplaire. Adaptant à peine Renan, d'ailleurs cité par Le Corbusier, nous pourrions dire que l'architecture est le critère le plus sûr de l'honnêteté, du jugement et du sérieux d'une [cité]. Aussi une cité doit-elle s'inquiéter toujours de l'architecture qu'elle autorise ou qu'elle impose et savoir honorer les architectes qui donnent forme nouvelle à son projet durable et réponse inédite aux attentes diffuses de ses usagers. Plus qu'aucun autre acteur de l'espace public, l'architecte engage la responsabilité collective dans chacun de ses actes. Plus qu'aucun autre sans doute, il a à concilier l'intérêt général et l'intérêt privé, de même qu'il lui faut rendre compatible sa commande intime avec la demande sociale. Quand il refuse de dissocier l'architecture de l'urbanisme, quand il insiste sur le caractère collectif du travail de l'architecte, quand il parle du soin requis par les cages d'escalier qui ne sont pas des non-lieux mais des espaces sociaux, habités, où il importe de favoriser flux et rencontres, quand il se montre plutôt préoccupé de l'élévation du niveau moyen de l'architecture que de la médiatisation tapageuse des programmes exceptionnels, quand il affirme encore que la modernité est en dehors de la mode, qu'elle ne dépend pas de gadgets technologiques et qu'il ne faut pas confondre l'expression d'une certaine singularité stylistique et l'exhibitionnisme ou quand il évoque les responsabilités que confère le fait d'être assis sur la très fine croûte de l'écorce terrestre, Jean-Jacques Oberson se profile bien comme ce philosophe technicien dans lequel il reconnaît la double identité de l'architecte. Et la dimension morale et politique de sa pensée se reflète parfaitement au miroir de sa méthode et de ses oeuvres. Qu'il s'agisse par exemple de la restructuration et de l'ensemble socio-culturel et d'habitation de Pâquis-centre (1973 - 1997), du bâtiment administratif de Firmenich SA à Meyrin-Satigny (1986 - 1989), de la plate-forme douanière de Bardonnex (1991) ou de l'extension de l'Union internationale des Télécommunications à Montbrillant (1993 - 1999), ce sont toujours les mêmes qualités essentielles de cohérence globale, de nécessité des rapports forme-fonction, de lisibilité de la structure primaire, de l'enveloppe et de l'organisation spatiale, du besoin d'ordre et de bien-être, d'espace et de lumière qui se dégagent d'emblée. On pourrait aussi bien parler de simplicité et de respect, de discrétion et de beauté. À une époque parfois propice aux replis, Jean-Jacques Oberson a clairement pris le parti de tenir le cap exigeant du mouvement moderne tout en faisant fonds des nouvelles techniques de construction. Mais c'est dans un constant souci de compréhension du lieu et du contexte humain, d'analyse de la morphologie urbaine et naturelle des sites comme de leurs configurations sociales et culturelles, qu’il a toujours ancré ses projets et validés ses réalisations. Au-delà de celle-ci, c’est aussi par son action sur le champ de l’urbanisme que Jean-Jacques Oberson aura marqué bien des aspect du paysage urbain, notamment genevois. Et nous voudrions enfin qu’à travers lui ce Prix salue la profession des architectes et qui n’ont pas renoncé à se faire les plasticiens de l’habiter et du vivre ensemble. Texte de Monsieur Christian Bernard publié dans le rapport du Prix de la Ville de Genève 1999. |
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ATELIER D’ARCHITECTURE ET D’AMENAGEMENT JEAN-JACQUES OBERSON, ARCHITECTE FAS FSU 2, RUE SAINT LAURENT CH 1207 GENEVE FAX 022 735 46 84 TEL 022 735 92 94 |
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